L’année dernière encore, les disparitions forcées impliquant l’État mexicain et les disparitions imputables à des acteurs non gouvernementaux demeuraient très répandues, et les responsables de ces actes jouissaient d’une impunité quasi totale. D’après le Registre national des personnes disparues, on ignorait toujours ce qu’il était advenu de 34 656 personnes (25 682 hommes et 8 974 femmes). Leur nombre était en réalité plus élevé car les statistiques officielles ne comprenaient pas les affaires fédérales survenues avant 2014, ni les affaires classées dans d’autres catégories de crimes, telles que les prises d’otages ou la traite des êtres humains. Les enquêtes sur les cas de disparitions demeuraient entachées d’irrégularités et les autorités ne lançaient généralement pas de recherches immédiates. L’impunité persistait, notamment dans l’affaire des 43 étudiants de l’institut Ayotzinapa de formation d’enseignants, dans l’État de Guerrero, victimes d’une disparition forcée en 2014. L’enquête sur cette affaire a peu progressé au cours de l’année. En mars, lors d’une audition devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme, des représentants de l’État ont répété la version des faits qui avait été présentée par le gouvernement, à savoir que les étudiants avaient été tués et leurs corps brûlés dans une décharge locale, une version pourtant considérée comme impossible, preuves scientifiques à l’appui, par le Groupe interdisciplinaire d’experts indépendants nommé par la Commission. En octobre, le Congrès a adopté une loi générale sur les disparitions présentant une définition de ce crime conforme au droit international et incluant des outils pour les prévenir et engager des poursuites. La mise en oeuvre de cette loi nécessitera toutefois l’allocation d’un budget suffisant dans les prochaines années.