La transition entre le secondaire et le supérieur est une question centrale pour la stratégie nationale de l’enseignement supérieur. Le mécanisme actuel d’orientation est générateur d’angoisses et d’échecs. Le niveau de stress des étudiants français figure parmi les plus hauts des pays développés, comparable à celui connu au Japon. Il est urgent de le réformer profondément, dans le cadre du service public régional de l’orientation. Une expérimentation pourrait avoir lieu dans une académie pilote pour constituer des conseils d’orientation dédiés à la transition lycée-enseignement supérieur (Conseil d’Orientation vers le Supérieur, COS par la suite) associant les représentants des différentes filières publiques de l’enseignement supérieur. L’objectif est que ces conseils examinent les réponses données par les établissements du supérieur aux vœux formulés dans le cadre d’APB afin de faire une préconisation d’orientation. Ces préconisations doivent permettre de sortir des a priori qui  conduisent des bacheliers dans des filières qui ne correspondent pas à leur projet réel, et au contournement des universités indépendamment de la qualité de la formation qui y est offerte. La situation actuelle entraîne de sérieuses conséquences négatives, en particulier un manque de vivier dans des métiers cruciaux, des professeurs de mathématiques aux spécialistes du « big data ». Au sein du conseil d’orientation, il doit devenir possible de conseiller à un lycéen qui pourrait être admis en CPGE de se diriger plutôt vers l’université, non pas parce que son niveau ne lui permettrait pas de réussir en CPGE, mais parce que son profil, son projet et ses aptitudes trouveraient mieux leur place dans le système universitaire.